
Mon enfant n'a plus envie de travailler à l'école : comprendre

Adèle Singier
Psychopraticienne · Lyon
Derrière le « j'ai pas envie » : ce que vit l'enfant
Le cartable reste dans l'entrée. Les devoirs durent deux heures pour dix lignes. Le soir, cela tourne à la dispute, et vous ne savez plus comment aborder le sujet.
Ce tableau est très courant, et il inquiète. Mais un enfant qui n'a plus envie de travailler n'est pas forcément un enfant paresseux. Ce comportement dit souvent quelque chose.
Ce que j'entends en cabinet
Je ne pose pas de diagnostic. J'écoute ce que l'enfant ou l'adolescent raconte de son vécu. Certains éléments reviennent régulièrement :
- La peur de ne pas y arriver : après une mauvaise note, certains enfants préfèrent ne plus essayer. Ne pas essayer protège de l'échec.
- La fatigue : journées longues, activités, écrans, sommeil court.
- L'ennui ou le sentiment d'inutilité : « À quoi ça sert ? »
- Un climat relationnel difficile : tension avec un enseignant, mise à l'écart, moqueries.
- Des préoccupations ailleurs : séparation, déménagement, deuil, arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur.
- La pression ressentie : l'enfant perçoit les attentes de ses parents et les redoute.
Un signal, pas un caprice
Quand un enfant se désengage, il cherche parfois à se protéger de quelque chose qu'il n'arrive pas à dire.
Il est impossible de savoir à l'avance quelle piste concerne votre enfant. Plusieurs peuvent se cumuler. Beaucoup d'enfants n'ont pas les mots : ils disent « j'ai mal au ventre » ou « c'est nul » à la place.
Je constate que certains enfants qui se sentent compris peuvent retrouver plus de place pour la curiosité. Je ne le promets pas, mais je l'observe.
Ouvrir le dialogue sans mettre la pression
Quand l'inquiétude monte, on pose des questions qui ressemblent à des reproches : « Pourquoi tu ne fais rien ? » L'enfant se ferme. Le moment des devoirs est rarement le bon moment pour parler.
Ce qui peut aider la conversation
- Choisir un moment calme, loin des devoirs : en marchant, en voiture, avant le coucher.
- Décrire plutôt qu'accuser : « Je vois que les devoirs sont difficiles en ce moment. »
- Poser des questions ouvertes : « Qu'est-ce qui est le plus pénible dans ta journée ? »
- Accueillir sans corriger : si l'enfant dit « l'école, c'est nul », répondez d'abord « Raconte-moi ».
- Éviter les comparaisons avec un frère, une sœur ou un camarade.
Exercice : le rendez-vous de 10 minutes
Essayez-le trois soirs de suite.
- Fixez un moment court, de 10 minutes, sans écran, et prévenez votre enfant : « On prend dix minutes ensemble, sans parler des devoirs. »
- Posez une seule question : « Qu'est-ce qui était le plus difficile aujourd'hui ? Et le moins difficile ? »
- Écoutez pendant 60 secondes sans interrompre, sans conseiller, sans juger.
- Reformulez en une phrase : « Si je comprends bien, tu as eu honte quand... »
- Terminez par un geste simple : une main sur l'épaule, un sourire.
Un petit temps de pause avant les devoirs
Certains enfants trouvent que respirer ensemble les apaise. Asseyez-vous côte à côte. Inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez doucement par la bouche pendant 6 secondes. Répétez 5 fois.
Ces exercices ne règlent pas tout. Ils peuvent toutefois contribuer à détendre le climat, et à rouvrir un espace où l'enfant se sent entendu.
Quand consulter ?
Une baisse de motivation passagère peut arriver, après une période difficile ou un changement de classe. Mais il est recommandé de consulter un professionnel de santé qualifié si la situation dure.
Vous pouvez envisager un rendez-vous si vous reconnaissez plusieurs de ces éléments :
- Le refus d'aller à l'école ou les devoirs durent depuis plusieurs semaines.
- Votre enfant se plaint souvent de maux de ventre ou de tête avant l'école.
- Il dit « je suis nul » ou « je n'y arriverai jamais ».
- Son sommeil, son appétit ou son humeur ont changé.
- Il s'isole, ou les conflits familiaux se multiplient autour des devoirs.
En tant que psychopraticienne à Lyon, je vous reçois, avec ou sans votre enfant, dans un cadre sans jugement. Nous prenons le temps de comprendre ce qu'il vit, à son rythme. Je ne remplace pas l'avis d'un médecin ou de l'équipe éducative : si besoin, je vous invite à les consulter également.
